vendredi 21 août 2009

Le Brenoï amoureux


Les chemins d’Orcival mènent jusqu’à ton lit
Que déserte l’ennui, les soirs de mélodies
Quand ton piano joue au milieu de la nuit
Pour ce nouvel amour que ton âme supplie.

Aux abords du Guéry, elle vit dans l’inconnu
D’une chanson qui naît sur tes cordes mouillées
Et Margot, l’infidèle, montrera son sein nu
Sous la note sifflée que caresse l’ondée.

Un vol de milan noir vient troubler les hérons
Dans ce Cheyenne automne tout juste naissant
Quand l’omble chevalier danse aux côtés des joncs
Loin des jeux audacieux des feux de la Saint-Jean.

Dans ta biaude souillée et tes esclops usés
Sous tous les vents de foehn, berger de Chamablanc
Tu repenses, insouciant, aux baisers échangés
Avec une pucelle, Col de la Croix-Morand.

C’est la nature du genre de vouloir tant aimer
A se tordre les mots sur du papier-émeri
Du plus grand cimeterre et sa lame d’acier
Tu crains le bleu final d’un amour interdit.


à l'ami Bergheaud

vendredi 14 août 2009

Ambrosius



Dans tes arènes bleues, sous le soleil levant
Tes doigts bagués de sang ont déchiré cent fois
La robe d’Aurélia.

Regarde l’assiégée, Ménade aux yeux d’Onyx
Princesse évaporée des eaux troubles du Styx
Ta cité du pardon.

Elle embrassa ta bouche et ta peau burinée
Par tous les vents salés d’innombrables combats
La spatha sous le bras.

Par-dessous ton armure, à l’ombre d’un murmure
Elle caressa ton cœur au gré de tes humeurs
Ton glaive au creux des reins.

Errante au Mont Badon, son voile s’émiette
Elle redoute Léthé, tu sais bien qu’il vous guette
Pour un dernier baiser.

mercredi 5 août 2009

Poetria


Je t’envoie un poème aux syllabes muettes
Quelques vers brisés sur un trait sémantique
Un quatrain de pensées, aujourd’hui, désuètes
Acrostiche imparfait d’un amour idyllique.

Je t’écris quelques mots qui ne riment à rien
Pour crier, en silence, que l’amour est mon roi
La césure est épique autant que notre lien
Et le point de suture vient s’imposer à moi.

J’en oublie le haïku sous le verbe acéré
Quand se réchauffe l’ode au manteau de Verlaine
Puis, je pense, tout bas, au poète oublié
Qui m’offrit un sonnet aussi doux que la laine.

En dévoilant mon cœur, je tente l’hémistiche
D’une plume émoussée qui, ce soir, jette l’ancre
Au bord de la métrique, sous mon regard de biche
Bien plus voluptueux que le bleu de ton encre.

J’évite le tercet et ses pieds trop vernis
Car, dans l’alexandrin, s’endort Alexandra
Mais, du ciel onirique, tu sauras que je suis
La légende dorée, immortelle Ambrosia.

mercredi 29 juillet 2009

Seras-tu là?


Seras-tu là, à l’aube de mon dernier jour
Au bout du long chemin, à la fin du parcours
Quand les étoiles me feront une aubade
En m’offrant, de la lune, son iris de jade ?

Seras-tu là, ami, pour me tenir la main
Quand, pour moi, il n’y aura plus de lendemain
Plus de désir, plus de rêve, plus d’avenir
Mais de tristes adieux en pluie sur un soupir ?

Seras-tu là, amant, pour un seul « je t’aime »
Ce bien trop clair obscur objet de l’anathème
Quand mon âme fatiguée du temps passé
Revêtira ce doux parfum d’éternité ?

Seras-tu là, amour, pour demander pardon
Pour ces heures perdues en paroles sans nom
En posant un baiser sur mes lèvres glacées
Quand l’heure bleue du sommeil figera mes pensées ?

Seras-tu là, mon amour, quand mon cœur au repos
Arrachera, de tes yeux, des colliers de sanglots
Ces larmes inutiles, de verre ou de cristal
Cachant, de ton sourire, la beauté ancestrale ?

Seras-tu là, mon amour ?
Seras-tu là ?

mardi 14 juillet 2009

Ô dacieuse



Sur la mer en furie, je voudrais m’endormir
En pensant à ton corps parfumé de l’instant
Que le vent, histrion, tend à mon souvenir
Tel un baiser subtil de ta bouche d’amant.

Secouée par les flots et les vagues de sel,
J’attendrai, de Neptune, la main gantée d’or
Sous mon nombril ardent, sur le sentier de fiel
Où le plaisir s’étend sur le fil d'un trésor.

Les genoux entrouverts sous la verge des Dieux,
Je laisserai Cupidon me couvrir de bleus
Et m’emmener, vaincue, sur ton cœur de papier.

Tu baiseras mes mains, mes lèvres et mes mots;
Dans une chanson douce, mouillée de sanglots
J’embrasserai tes yeux pour ne plus te quitter.

mercredi 8 juillet 2009

Parti trop vite



Mon âme a revêtu ses habits de chagrin
Ce long manteau bleuté aux sanglots opiacés
Quand le ciel a voulu te garder en son sein
Dans un grand sommeil aux matins inanimés

Dans ce monde de fous, tu vivais en reclus
Au milieu des manèges toujours enchantés
Mais les cris des enfants, aujourd’hui, se sont tus
Et le temps suspendu nous a désenchantés

La mort fine et cruelle en ce doux mois de juin
A capturé ton cœur sans se faire annoncer
Affichant dans nos yeux une peine sans fin
Et nos sourires d’hier, de noir, vont se teinter

C’est la fin du parcours qui vient briser le rêve
Le rideau en tombant fait un bruit tapageur
Je sais que ton absence sera plus qu’une trêve
Pour moi TU n’es pas mort, TU es parti ailleurs
Merci Michael pour tout ce que tu as apporté à la musique et à la danse

vendredi 3 juillet 2009

Ludivine


Tu as les yeux de la sagesse
Et moi, les rêves d’un vieux fou
Le buste élancé des princesses
Et moi, la ruse d’un vieux loup
Qui va errant dans le sillage
Que laisse ton corps en otage

Tu as la grâce des marquises
Et moi, les rides du passé
Des seins comme deux friandises
Que je m’amuse à deviner
Jusqu’à pouvoir les décalquer
Sur un grand rideau de papier

Ludivine, ma divine,
Je voudrais déjouer le temps
Le conjuguer à tes 20 ans
Faisant de ton joli corsage
Le plus beau de tous mes outrages

Tu as des joyaux de jeunesse
Et moi, une toison d’argent
L’insolence d’une Comtesse
Qui me dévore lentement
Comme un lion dans les broussailles
Mange le fruit de ses ripailles

Tu as les bijoux d’une reine
Et moi, une crinière d’acier
La transparence d’une veine
Où mon sang voudrait s’écouler
Pour ne plus jamais s’arrêter
Même devant l’éternité

Ludivine, ma divine,
Je voudrais déjouer le temps
Le conjuguer à tes 20 ans
Faisant de ton joli corsage
Le plus beau de tous mes outrages
...De LUI à ELLE, trop jeune, trop belle, trop pure...