mercredi 7 juillet 2010

Tu rêvais entre mes hanches


















Souviens-toi de ce dimanche
Où tu m’as dit sans rougir
Que rêver entre mes hanches
Te procurait du plaisir

Je n’ai pas su te répondre
Qu’aurais-je bien pu te dire?
Si cet endroit te fait fondre
Qu’il devienne ton empire

Tu ne m’as pas révélé
Le contenu de ton songe,
Cet excès de volupté
Où ton désir se prolonge

Etendue sur l’herbe tendre
Le vent vient me murmurer
Que si je veux tout entendre
Je dois me mettre à rêver

Alors, je ferme les yeux
Sans trop penser à demain
Puis, à bord de ce train bleu
Enfin, tu me tends la main

Tu me vois encore plus belle
Que dans ton imaginaire
Si, pour toi, je suis rebelle,
Ce n’est que pour mieux te plaire

mardi 25 mai 2010

Votre petite mort, monsieur...



Et si j'étais, monsieur, la troublante femelle
Qui, un soir, au hasard, sans se faire annoncer
Arrivait en silence, revêtue de dentelles
Pour, en ce doux trépas, vous faire basculer

Sauriez-vous m'accueillir en votre chaude couche
Afin de me chérir jusqu'au bout de l'étreinte
Celle qui, d'un baiser posé sur une bouche,
Entraîne les amants au coeur d'un labyrinthe

Ce dédale amoureux où les corps se fondent
Dans un feu de plaisir et de gestes audacieux
Où les âmes éperdues, à jamais se confondent
En un ballet intime que bénissent les dieux

Si vous êtes l'amant aux mains d'or et d'argent
Ecrivez-moi très vite sur un vieux parchemin
Pour me dire ô combien votre désir ardent
Vous mène sur les traces de mon corps si divin
Lotus

lundi 17 mai 2010

Je ne veux pas dormir



Tamise la lumière
Et ferme les rideaux
Prends la rose trémière
Récite-moi Rimbaud

N’ouvre pas les volets
Sur les rêves passés
L’amour est feu-follet
Quand il est démasqué

Ecoute le silence
Il te parle de nous
Et de nos abstinences
Entre les cris du loup

Allonge-toi sur moi
Je ne veux pas dormir
Dis-moi n’importe quoi
Et cueille mes soupirs

Viens étancher ta soif
Au premier interstice
Et si je te décoiffe
Descends vers mon calice

De cyprine tiédie
Répandue sur tes joues
Tu goûteras la lie
Du plaisir que j’avoue

Je me retournerai
Menton sur l’oreiller
Et puis, je t’offrirai
La clé du templier

De ton épée de chair
Retire le fourreau
Et trouve sans impair
L’entrée de mon tombeau

Dans le bas de mon cou
Je veux sentir ton front
Quand au dernier à -coup
Tu voudras mon pardon

Ce soir, je vais coucher
Avec toi , troubadour
Et te faire l’amour
Jusqu’à te consumer


LOTUS

vendredi 7 mai 2010

L'acte d'amour




Si je disais que je vous aime
Qu'en diriez-vous, amour?
Serait-ce pour vous un problème
De m'aimer un peu en retour?

Si j'avouais rêver de vous
Que feriez-vous, amour?
Penseriez-vous que c'est un peu fou
De le déclarer au grand jour?

Si vous saviez que je vous veux
Resteriez-vous, amour?
Apaiseriez-vous donc mon feu
En me quittant au petit jour?

Si vous lisiez dans mes pensées
Qu'en serait-il, amour?
Laisseriez-vous mes lèvres mouillées
Vous faire un petit brin de cour?

Si vous deviniez nos étreintes
Dites-moi donc, amour
Me donneriez-vous votre absinthe
Jusqu'à faire battre les tambours?

Si je vous déclarais ma flamme
Allons, allons... amour...
Laissez-moi, en vos corps et âme,
Déposer un acte d'amour.

lundi 19 avril 2010

Nouvelle lune




Mordille-moi le cou
Jusqu’au sang mon amour
Plante tes dents de loup
Dans ma chair de velours

Caresse-moi les seins
Jusqu’aux bouts mon amour
Quand au creux de mes reins
S’agite le vautour

Descends un peu plus bas
En dessous du nombril
Quand sonnera le glas
D’un aveu puéril

Viens toucher le bourgeon
En mon juste milieu
Récolte la moisson
Fais-moi toucher les cieux

Le temps n’existe plus
Minuit arrive enfin
Aux paradis perdus
Nous n’aurons plus de fin

Aux lèvres distendues
Viens murmurer la joie
La joie de me voir nue
Offerte sur la soie

La sève dans le gland
Tombé d’un arbre nu
Apaise les gourmands
Et brise la vertu

Sous la lune nouvelle
Nourris-toi de mon sang
Je serai immortelle
Au rouge du néant


http://www.youtube.com/watch?v=iUNL8wEUrFw&feature=related

mardi 23 mars 2010

Lady Abigael



























Abigael

A un amant

Corps virtuel

En veston blanc

Sourire de miel

Au cœur de sang


Pour mieux l’aimer

Elle dort debout

Sur un clavier

A quatre sous


Au bord d’un lit

Jamais défait

Elle est « Sisi »

En son palais


Sur l’oreiller

Couleur lilas

Gît le collier

D’Esméralda


Abigael

A vingt printemps

Mais tant d’hivers

Au bout du temps

Givrent son air

A contretemps


Il la voit nue

Dans l’au-delà

Son ingénue

Aux yeux taffetas


Son adagio

De ballerine

S’écoule en flots

De crinoline


Un musicien

Joue en sourdine

Sur un clavecin

D’or et d’épines


Abigael

A, des sirènes,

La fleur hindoue

En mer indienne

Qu’un vent secoue

En son akène


Son sari blanc

Noyé d’étoiles

Tire l’amant

Entre ses voiles


Dans le tunnel

Au pont d’argent

Une aquarelle

Pleure en torrent


Ses seins parfaits

Ses dents d’opale

Sont deux attraits

Au chant du mâle


Abigael

A du chagrin

Elle lui sourit

Il ne voit rien

Dans l’infini

Rouge carmin


Il dit l’aimer

Mais il s’en va

Se pavaner

Dans d’autres bras


Dans un arpège

Un concerto

Tombe la neige

Sur un écho


Son corps de sel

En reste las

Abigael

N’existe pas !

jeudi 18 février 2010

Les bijoux



Je recevais, de vous, des bijoux indiscrets
Des voyelles d’argent et des perles de vers
Que vous, cher inconnu, déposiez en secret
À l’orée de mon cou, dénudé cet hiver.

J’imaginais vos mains fermant le mousqueton
D’un collier finissant en larmes sur mes seins
Parés, en cet instant, de l’éclat d’un frisson
Du tout premier baiser glissant au bas des reins.

Je porterai, demain, l’or blanc de vos cailloux
Au bout de mes dix doigts bagués de diamants
Que m’offraient, autrefois, au premier rendez-vous
De riches courtisans et prétendus amants.

Dans la nuit d’émeraude où je suis égarée
Sous le doux clapotis de vos beaux bracelets
Dont vous m’avez, monsieur, si souvent bien parée,
Du carat de vos sens, je porte les ferrets.