Plus rien ne nous retient sur les voies de l’extase
Ton prépuce lilas s’agrippe entre mes lèvres
Quand nos deux corps mouillés se sentent bien en phase
Et que mes reins se cambrent en cet instant de fièvre
Je t’emmène avec moi dans cette cavalcade
Où je t’attire au fond des îles incandescentes
Dans cet endroit secret où j’attends l’estocade
Dont tu me combleras dans une valse lente
Je ne pourrai pas voir le plaisir dans tes yeux
Mais je ressentirai ton souffle dans mon cou
Et tes mains s’agrippant à mon bassin soyeux
Jusqu’à ce que, de ton vit, je sente les à coups
Libérant ta rivière contre mes chairs vives
Tu gémiras encore comme un loup aux abois
Car je serai pour toi l’indolente captive
Qui t’a ouvert la faille que jalouse la soie
Quand enfin rassasiés des plaisirs illicites
Je te dirai les mots que tu voudrais entendre
Je jouirai encore de ton cœur qui palpite
Quand je te confierai le baiser le plus tendre
Cette nuit, j'ai rêvé de nous
Tu étais pendu à mon cou…
Quand la nuit fut très silencieuse
Que la lune devint soyeuse
Tu t'es invité sous mes draps
Embaumés de fleurs de lilas
Tu as su caresser mes seins
Au galbe parfait sous tes mains
Capturant mes deux mamelons
Entre tes lèvres, polisson
Tu t'es couché, là, sur mon ventre
En frôlant doucement mon antre
Alors, j'ai écarté mes cuisses
Pour que, doucement, tu t'immisces
Le serpent du plaisir en moi
S’agitait comme un bout de bois
Lancé tout au bout de la faille
Jusqu’à ce point qui me tenaille
Quand ta langue a touché la mienne
Que ma salive fut la tienne
Nos avons tutoyé les Dieux
En atteignant l’arc des cieux
Alors, tu as ouvert les yeux
Et j’y ai vu briller le feu
Dont tu inondais mon calice
Rempli de braise d’un délice
Puis, je suis sortie de mon songe
Le corps trempé comme une éponge
En faisant le vœu très coquin
D’encore rêver de toi demain
Quand, toi, tu rêveras de nous
Je serai pendue à ton cou…
C’est avec une rose sur mon échine nue
Que j’irai au château, vénérable Marquis
En esquissant, pour vous, ma danse d’ingénue
Sur un air ondoyant que délivre la nuit
C’est avec une rose au parfum délicat
Que je m’avancerai dans les couloirs du temps
Où Lacoste m’attend pour un ultime éclat
Car j’espère, de vous, la sève du printemps
C’est avec une rose aux épines pointues
Que j’égratignerai le passé composé
De fastes littéraires d’une vie dissolue
Où d’immenses tabous furent outrepassés
C’est avec une rose à l’orée de mes fesses
Que je vous offrirai l’encrier des délices
Où tremper votre plume jusqu’au bout de l’ivresse
Dans sa gorge profonde en forme de calice
C’est avec une rose au rouge vermillon
Qui a volé son teint aux joues du coquelicot
Que je vous volerai le baiser rubicond
Avant de m‘en aller, habillée de sanglots
C’est avec une rose, votre rose de Sade
Que je vous quitterai, la fleur au bout des seins
Sans avoir le minois des maîtresses maussades
Qui n’ont jamais connu le plus grand libertin
Souviens-toi de ce dimanche
Où tu m’as dit sans rougir
Que rêver entre mes hanches
Te procurait du plaisir
Je n’ai pas su te répondre
Qu’aurais-je bien pu te dire?
Si cet endroit te fait fondre
Qu’il devienne ton empire
Tu ne m’as pas révélé
Le contenu de ton songe,
Cet excès de volupté
Où ton désir se prolonge
Etendue sur l’herbe tendre
Le vent vient me murmurer
Que si je veux tout entendre
Je dois me mettre à rêver
Alors, je ferme les yeux
Sans trop penser à demain
Puis, à bord de ce train bleu
Enfin, tu me tends la main
Tu me vois encore plus belle
Que dans ton imaginaire
Si, pour toi, je suis rebelle,
Ce n’est que pour mieux te plaire
Et si j'étais, monsieur, la troublante femelle
Qui, un soir, au hasard, sans se faire annoncer
Arrivait en silence, revêtue de dentelles
Pour, en ce doux trépas, vous faire basculer
Sauriez-vous m'accueillir en votre chaude couche
Afin de me chérir jusqu'au bout de l'étreinte
Celle qui, d'un baiser posé sur une bouche,
Entraîne les amants au coeur d'un labyrinthe
Ce dédale amoureux où les corps se fondent
Dans un feu de plaisir et de gestes audacieux
Où les âmes éperdues, à jamais se confondent
En un ballet intime que bénissent les dieux
Si vous êtes l'amant aux mains d'or et d'argent
Ecrivez-moi très vite sur un vieux parchemin
Pour me dire ô combien votre désir ardent
Vous mène sur les traces de mon corps si divin
Lotus
Tamise la lumière
Et ferme les rideaux
Prends la rose trémière
Récite-moi Rimbaud
N’ouvre pas les volets
Sur les rêves passés
L’amour est feu-follet
Quand il est démasqué
Ecoute le silence
Il te parle de nous
Et de nos abstinences
Entre les cris du loup
Allonge-toi sur moi
Je ne veux pas dormir
Dis-moi n’importe quoi
Et cueille mes soupirs
Viens étancher ta soif
Au premier interstice
Et si je te décoiffe
Descends vers mon calice
De cyprine tiédie
Répandue sur tes joues
Tu goûteras la lie
Du plaisir que j’avoue
Je me retournerai
Menton sur l’oreiller
Et puis, je t’offrirai
La clé du templier
De ton épée de chair
Retire le fourreau
Et trouve sans impair
L’entrée de mon tombeau
Dans le bas de mon cou
Je veux sentir ton front
Quand au dernier à -coup
Tu voudras mon pardon
Ce soir, je vais coucher
Avec toi , troubadour
Et te faire l’amour
Jusqu’à te consumer
LOTUS
Si je disais que je vous aime
Qu'en diriez-vous, amour?
Serait-ce pour vous un problème
De m'aimer un peu en retour?
Si j'avouais rêver de vous
Que feriez-vous, amour?
Penseriez-vous que c'est un peu fou
De le déclarer au grand jour?
Si vous saviez que je vous veux
Resteriez-vous, amour?
Apaiseriez-vous donc mon feu
En me quittant au petit jour?
Si vous lisiez dans mes pensées
Qu'en serait-il, amour?
Laisseriez-vous mes lèvres mouillées
Vous faire un petit brin de cour?
Si vous deviniez nos étreintes
Dites-moi donc, amour
Me donneriez-vous votre absinthe
Jusqu'à faire battre les tambours?
Si je vous déclarais ma flamme
Allons, allons... amour...
Laissez-moi, en vos corps et âme,
Déposer un acte d'amour.