Aux perles de tes yeux
J’accroche mon regard
Dans la nuit qui se traîne
Dans sa robe d’ébène
Si tu as l’air heureux
Ce n’est pas un hasard
Car ma bouche t’entraîne
Là où ton rêve mène
Tout est si singulier
Dans ta féminité
Et tout est délicat
Dans tes gestes d’orfèvre
Je me mets à rêver
À ton intimité
Qui me donne déjà
L’impression d’une fièvre
Je ne sais si je dois
Quand je parle de toi
Choisir le il ou elle
Car je suis dans le flou
Mais tout ce que je vois
C’est mon désir de toi
Avec ou sans dentelle
Après tout, je m’en fous
Quand ton corps sera nu
Alors, là, je saurai
Et tu n’auras, pour moi,
Plus le moindre secret
Je vais dans l’inconnu
Aux portes d’un palais
Qui m’attire vers toi
Loin des gens indiscrets
...Qui ne comprendraient pas....
Il était une fois, un petit bouton...
C’est un petit bouton
Juste un petit bouton
Accroché sur le front
D’un sourire sans nom
Dont je tais le surnom
C’est un petit bouton
Un tout petit bouton
Parfois long, parfois rond
Caché sous la toison
D’un très curieux chaton
C’est un petit bouton
Un drôle de mousqueton
Qui ne referme rien
Mais ouvre un écrin
Qui cache le divin
C’est un petit bouton
Qui ne se découd pas
Ne se détache pas
Ni ne se déboutonne
Sous la robe des nonnes
C’est un petit bouton
Un tout petit bouton
Ressemblant à un cœur
Blotti au creux des fleurs
Aux multiples senteurs
C’est un petit bouton
Qui pousse en bourgeon
Quand, sorti de la soie,
Il roule entre les doigts
Pour un plaisir sans loi
C’est un petit bouton
Qu’aiment bien les garçons
En âge de raison
Et qui, pour un frisson,
Frôlent la déraison
C’est un petit bouton
Que les hommes, souvent,
Croquent à belles dents
Et qui, après, parfois
S’en mordent aussi les doigts
Ô séant où des yeux se sont souvent posés
Océan si profond où des hommes ont sombré
Pris dans la longue chute de mes reins cambrés
Je prends bien soin de vous et de votre beauté
Hémisphères parfaites d’un monde secret
Où la lune se montre aux regards indiscrets
Je vous expose, ici, sans le moindre regret
Car, sous mes vêtements, c’est un peu trop discret
Ô fesses plus exquises qu'un fruit défendu
Qui furent observées par-dessous, par-dessus
A votre grand talent, à vos mille vertus
Sachez,"petits bijoux",que j'y ai toujours cru
Afin que j’apprécie d’encore le montrer nu
Et que mes doutes, alors, ne me tourmentent plus
Messieurs, les plus nantis ou dépourvus d’écu,
Redites-moi, encore, que j’ai un "joli cul"
Le vent souleva mes jupons
Et vint frôler mon sexe nu
Là où subsiste la toison,
Petit triangle de vertu
Découvrant que j’adorais ça
J’entrouvris impudiquement
Mes jambes dépourvues de bas
En me cambrant discrètement
Son souffle chaud entre mes cuisses
Provoqua ,sur moi, le frisson
Et tout ce désir en coulisses
Finit par durcir mes tétons
Attisé par tout cet émoi
Tu voulus boire à ce calice
En t’agenouillant devant moi
Pour prolonger tous ces prémices
C’était un soir d’été indien
Où je dormais dans le jardin
Et, aujourd’hui, je me souviens
D’avoir aimé ce libertin
Si tu touches le berlingot
J’ouvrirai toutes mes écluses
Et t’offrirai par petits flots
L’eau claire et pure de ta muse
En te noyant jusqu’au menton
Dans cette pluie de volupté
Tu me demanderas pardon
De t’être un peu trop enivré
Encore couché dans le grand lit
De ma rivière généreuse
Tu me diras sans interdit
Que je suis femme sulfureuse
Puis, à mon tour, je referai
Devant toi, tous les mêmes gestes
À nouveau , je t’inonderai
Et tant pis si tu me détestes
Alors, tes yeux sur mon corps nu,
Ta main tendue au bas du ventre,
Face à l’ampleur de mes vertus
Toi, tu délivreras ton antre
Dans la moiteur de notre nuit
Viendront mourir les secondes
Au bas de nos êtres étourdis
Par cette moite heure féconde
Quand ton corps, sur le mien, est collé
Me laissant deviner ton désir
J’ouvre, alors, au songe refoulé
Le rideau long et flou du plaisir
Une neige luisante et tiédie
T’attire au fond d’un long précipice
Où l’hiver à l’été se marie
Sur les saisons de tous nos caprices
En glissant sur la piste tracée
Pour atteindre le col enneigé,
Aux parois devenues verglacées,
Tu devines un blanc immaculé
Dans un dernier slalom annoncé
Par l’ultime soubresaut des tes reins,
La poudreuse, du pic érigé,
Se détache et déferle sans fin
De l’amont à l’aval de mes hanches
Devenues prisonnières du glacier
Les rafales de cette avalanche
Sur ma peau, viennent se liquéfier
Face à nous figés et si heureux
Dans ce beau décor sourd et muet
Tout le ciel en devient ténébreux
Car son soleil semble bien désuet
En captifs des congères de l’oubli
Nous nous endormons très doucement
Dans la faille d’un rêve assouvi
Que, demain, caressera le vent
J’aimais le retrouver dans cet endroit secret
Où nul autre quidam ne pouvait nous épier
Quand nos peaux assoiffées d’un plaisir indiscret
Laissaient nos sens libres de pouvoir exulter
J’adorais quand ses doigts dégrafaient mes dessous
Lorsque sa bouche close venait pour m’embrasser;
Je sentais, en mon sein, s’agiter des remous,
Dans le bas de mon ventre, s’éveiller le brasier
Parfois, nous regagnions le décor de sa chambre
Où il me libérait du tissu superflu;
Couchée sur son grand lit, dans la lueur de l’ambre
J’abandonnais mon corps au sien à moitié nu
Puis, un jour le manège cessa de tourner
Me laissant le silence comme unique denier
La passion en mon coeur finit par le briser
Mais ma plume y trouva son plus bel encrier
Jusqu’à mon dernier jour, mon tout dernier soupir
Je l’aimerai d’amour et non pas d’amitié
Et je garde l’espoir qu’il vienne un jour m’offrir
D’un geste délicat, la saveur du passé
Je voudrais une fois mais pour l’éternité
Goûter à la peau douce de mon ancien amant,
Retrouver dans ses yeux aux iris bleutés
L’éclat beau et subtil du tout premier instant