lundi 20 août 2012

Le bruit de vos silences





Je déteste le bruit de vos si longs silences
Quand il frappent à la porte de ma solitude
Où la branche feuillue de toutes vos absences
Fait de l’ombre à mes heures de soudaine quiétude

J‘adorais l’herbe folle inondée de semence
Cette eau de jouissance que vous laissiez, hier
Sur les chardons piquants et les fleurs de jouvence
Où j’allais me vautrer loin du froid de l’hiver

Je déteste l’écart qui se creuse entre nous
Vos départs sans retours et les heures muettes
Où les secondes cognent et sèment tant de flou
Sur le doux avenir de nos plumes coquettes

J’aimais, de vous, les cris et les pleurs d’abandon
Quand vous m’imaginiez dans les bras d’un amant
Ce bellâtre créé dans la folle obsession
Que vous aviez pour moi mais, morte, maintenant

Reviendrez-vous encore au balcon des amours
Où je reste appuyée impatiente et frivole
M’amusant çà et là auprès de troubadours
Qui m’inventent des rimes en forme de lucioles

Je griffe chaque page restée vierge de vous
Et gaspille mon encre en de futiles verbiages
En attendant encore un précieux rendez-vous
Où nous oublierons, à jamais, d’être sages

lundi 13 août 2012

L'indigo de mes larmes



Quand j’étais loin de lui, il sombrait dans le vice
Et fréquentait les filles de petite vertu
Puis s’enivrait, sans fin, en buvant aux calices
Qu’offraient ces filles de joie en plus de leur corps nu
 
Il inventait, pour nous, des alcôves secrètes
Où nous faisions l’amour en rimes dissolues
Et je me faisais belle des pieds jusqu’à la tête
Mais au dernier quatrain, je me retrouvais nue
 
À la fin de ses lettres, il écrivait toujours
"Je vous aime" et, dessous, il déposait son nom
Moi, je me laissais prendre au piège de l’amour
Ne redoutant l’épée d’un futur abandon
 
En perdant tous mes dés à ce jeu de hasard
J’ai jeté le parfum qu’il aimait renifler
Car mon cœur et mes yeux sont gorgés d’un brouillard
Qu’une vapeur d’opium ne pourrait dissiper
 
Une histoire prend fin, une autre prend sa place
Et demain, je n’aurai plus le droit au chapitre
En comprenant, alors, que c’était une farce
J’écrirai un grand vide en guise de  sous-titre

 
 
 
 

 

mercredi 8 août 2012

Proposition indécente (texte pour adultes)


Au feu de vos enfers, je ferai outrage
Si vous léchez mes seins de votre langue bleue
Arrachant sans égard, les fils d’un corsage
Où se tient camouflée l’envie de votre queue

Puis, de votre mucus, je ferai ma blessure
Celle où saigne les mots qui n’ont pour seule issue
Que cette lèvre humide qui s’ouvre et se fissure
Sous la seule idée close de votre joie repue

Retournons à l‘abri, nous caresser l’intime
Cet antre familier bouillonnant d’indécence
Puis suspendons nos corps aux cordes du sublime
Et couchons nos salives en cette quintessence

Coulez jusqu’à ma gorge votre or licencieux
Que je boive votre âme en lapant tout excès
Quand votre berlingot, devenu belliqueux
Vous libère d’emblée en ce précieux accès

Je vous promets alors de conserver l’offrande
L’hostie plutôt aqueuse offerte sans prière
A ma bouche femelle peut-être trop gourmande
Qui implore, au plaisir, toute ses joies altières

Je me ferai goulue et jamais rassasiée
De cette jouissance exquise en votre corps
Quand devenue, pour vous, citadelle assiégée
Les yeux levés au ciel, vous supplierez encore

lundi 6 août 2012

Sous l'olivier






Les oliviers pleuraient des larmes de soleil
Sous un pan de ciel bleu qui servait de mouchoir
Au nuage jaloux de n’être point pareil
À ce grand anneau d’or brûlant mon entonnoir

Ce nombril d’un monde où la glace et le feu
Se lovent dans mon ventre, autrefois si frileux
Me rendant infidèle à tous mes rêves pieux
Quand je repense à vous me dévorant des yeux

La cigale rieuse camouflée dans les pins
Se frottait les deux ailes sur une écorce chaude
En voyant, sur mon corps, le plaisir diluvien
S’écouler tel un voile aux reflets d’émeraude

Alors, tous mes regards se posaient sur les vignes
Où des grappes précoces suspendues aux sarments
Me laissaient entrevoir déjà les premiers signes
Des vendanges d’amour dont je vous fais serment

Vigneron trublion, j’ai tant rêvé de vous
Durant ces heures tranquilles, allongée sur le sol
Au milieu des lavandes parfumant mes genoux
Quand le soleil gavait le précieux tournesol

J’imaginais nos corps légèrement vêtus
Découvrir peu à peu tous les divins plaisirs
Et je voulais, de vous, les vices et les vertus
En buvant, au goulot, le flot des élixirs

Je m’endormais repue d’images érotiques
Et me réveillais saoule de m’être abandonnée
À vos caresses d’ange aux pouvoirs oniriques
Et le temps s’envolait en jupe retroussée

jeudi 2 août 2012

Entre mes seins






Il m’embrassait entre les seins
Chaque fois qu’il me retrouvait
Dans l’antichambre du destin
Et qu’au désir, je succombais

Alors qu’il tentait de sucer
Mes mamelons déjà durcis
J’essayais de ne plus penser
Que mon cœur était déjà pris

Après avoir fermé les yeux
De ses lèvres si veloutées
Il convoitait, mon amoureux
L’antre des sources plus sacrées

Il savait goûter à l’intime
À mes fontaines jaillissantes
Et rendait l’instant plus sublime
Sur ma peau devenue brûlante

Dans ses cheveux couleur d’ébène
J’aimais enfouir mes dix doigts
Avant que l’orgasme ne vienne
Pour nous surprendre dans l’émoi

Et quand je pleurais en silence
De ne pouvoir m’abandonner
À tous ses rêves d’indécence
Auxquels il voulait m’initier
…Alors…
…il m’embrassait entre les seins…

mardi 24 juillet 2012

L'amour en rimes



Nous avons fait l’amour en rimes éclipsées
Par une nuit sans lune en tenue d’apparat
Quand les étoiles saoules se sont évaporées
Bouillonnantes et gavées de nos désirs grenats

Le lit de poésie aux soieries érotiques
A reçu, de nos vers, les éclats libertins
Quand nos voyelles nues en dessous séraphiques
Se mêlaient aux consonnes aux jambes de catin

L’horloge refoulant les heures à contre sens
A plongé ses aiguilles dans une léthargie
Pour nous laisser le temps de libérer nos sens
Sur les secondes bleues baignant nos harmonies

Et j’ai joui de vous jusqu’à cette échancrure
Qui reçoit vos blessures et le sang retenu
Quand l’aorte orpheline de la moindre suture
Explose en brasier dans les mots qui sont tus

Poète, vous qui aimez, de la virginité,
L’hymen distendu de ma plume coquine
Offrez-moi sans attendre, votre babil trempé
Par l’encrier brumeux de la muse câline

 

 

jeudi 5 juillet 2012

La voleuse d'âme



Dans la nuit silencieuse
Où j’entends chuchoter
Le plancher des maisons
Et les vieux escaliers
Je viendrai revêtue
De douce crinoline
Et marcherai pieds nus
Sur l’air des mandolines


Je tournerai la clé
De cette chambre close
Et poserai mon corps
Sur le tien qui m’attend
En retenant mon souffle
Pour ne pas t’éveiller
Et te priver d’un rêve
Que tu pourrais toucher
 
Comme une musicienne
La harpe entre les cuisses
Je toucherai les cordes
Les plus délicates
Des symphonies d’Eden
Où les anges grignotent
Tous les fruits défendus
À l’ombre des cyprès
 
Quelques minutes bleues
Et quand la note blanche
Jaillira de l’archet
Sorti de son écrin
Enfin, à cet instant
Je volerai ton âme
Pour m’en faire un breuvage
Au ton plutôt laiteux