lundi 19 avril 2010

Nouvelle lune




Mordille-moi le cou
Jusqu’au sang mon amour
Plante tes dents de loup
Dans ma chair de velours

Caresse-moi les seins
Jusqu’aux bouts mon amour
Quand au creux de mes reins
S’agite le vautour

Descends un peu plus bas
En dessous du nombril
Quand sonnera le glas
D’un aveu puéril

Viens toucher le bourgeon
En mon juste milieu
Récolte la moisson
Fais-moi toucher les cieux

Le temps n’existe plus
Minuit arrive enfin
Aux paradis perdus
Nous n’aurons plus de fin

Aux lèvres distendues
Viens murmurer la joie
La joie de me voir nue
Offerte sur la soie

La sève dans le gland
Tombé d’un arbre nu
Apaise les gourmands
Et brise la vertu

Sous la lune nouvelle
Nourris-toi de mon sang
Je serai immortelle
Au rouge du néant


http://www.youtube.com/watch?v=iUNL8wEUrFw&feature=related

mardi 23 mars 2010

Lady Abigael



























Abigael

A un amant

Corps virtuel

En veston blanc

Sourire de miel

Au cœur de sang


Pour mieux l’aimer

Elle dort debout

Sur un clavier

A quatre sous


Au bord d’un lit

Jamais défait

Elle est « Sisi »

En son palais


Sur l’oreiller

Couleur lilas

Gît le collier

D’Esméralda


Abigael

A vingt printemps

Mais tant d’hivers

Au bout du temps

Givrent son air

A contretemps


Il la voit nue

Dans l’au-delà

Son ingénue

Aux yeux taffetas


Son adagio

De ballerine

S’écoule en flots

De crinoline


Un musicien

Joue en sourdine

Sur un clavecin

D’or et d’épines


Abigael

A, des sirènes,

La fleur hindoue

En mer indienne

Qu’un vent secoue

En son akène


Son sari blanc

Noyé d’étoiles

Tire l’amant

Entre ses voiles


Dans le tunnel

Au pont d’argent

Une aquarelle

Pleure en torrent


Ses seins parfaits

Ses dents d’opale

Sont deux attraits

Au chant du mâle


Abigael

A du chagrin

Elle lui sourit

Il ne voit rien

Dans l’infini

Rouge carmin


Il dit l’aimer

Mais il s’en va

Se pavaner

Dans d’autres bras


Dans un arpège

Un concerto

Tombe la neige

Sur un écho


Son corps de sel

En reste las

Abigael

N’existe pas !

jeudi 18 février 2010

Les bijoux



Je recevais, de vous, des bijoux indiscrets
Des voyelles d’argent et des perles de vers
Que vous, cher inconnu, déposiez en secret
À l’orée de mon cou, dénudé cet hiver.

J’imaginais vos mains fermant le mousqueton
D’un collier finissant en larmes sur mes seins
Parés, en cet instant, de l’éclat d’un frisson
Du tout premier baiser glissant au bas des reins.

Je porterai, demain, l’or blanc de vos cailloux
Au bout de mes dix doigts bagués de diamants
Que m’offraient, autrefois, au premier rendez-vous
De riches courtisans et prétendus amants.

Dans la nuit d’émeraude où je suis égarée
Sous le doux clapotis de vos beaux bracelets
Dont vous m’avez, monsieur, si souvent bien parée,
Du carat de vos sens, je porte les ferrets.

vendredi 4 septembre 2009

Bagatelle


Attrape bien mes hanches
Dansons la tarentelle
Puis, sous la lune blanche
Tentons la bagatelle

Ne sois pas indécis
Je ne suis pas farouche
Je t’offre cette nuit
Mon corps sera ta couche

Je bomberai mes seins
Comme le matador
Et cambrerai mes reins
Pour que tu viennes encore

Je te sais patelin
Tu me vois libertine
Jusqu’au petit matin
Je serai ta Justine

Ecoute le désir
Il chante son cantique
Et pose ton zéphyr
Sur ma voix séraphique

Oublions le mari
La fière concubine
Et leur amphigouri
Trop pâle grenadine

Soyons anachorètes
En cette bacchanale
Notre danse secrète
Ne peut être banale

Attrape bien ma taille
Approche ton bassin
Mon ventre est ton sérail
Un tourbillon sans fin

jeudi 27 août 2009

La lettre oubliée



Je suis de retour en Irlande
Dans cette chambre singulière
Aux souvenirs en guirlande
Tessons de vie, éclats d’hier

De la fenêtre, j’entrevois
Les oiseaux planer dans le vent
Ce vent qui porta jusqu’à toi
Une lettre écrite au présent

C’était il y a longtemps déjà
C’était un jour, c’était demain
Pour nous, le temps n’existe pas
Il gît tout au creux de nos mains

La brume, en son manteau épais
Couvre le trait de l’horizon
Les fjords lui font un palais
Où venir poser un feston

J’ai, tant de fois, voulu t’écrire
Pour te raconter mes voyages
Mais ma plume restait de cire
Telle une ride sur un visage

Il m’arrive encore de danser
La valse triste des lilas
Que tu adorais fredonner
Quand je m’endormais dans tes bras

Est-ce l’aura dans cette pièce
Ou bien tout mon désir de toi
Qui fait que je ne mets en pièces
Ce papier couché devant moi ?

A côté de ma signature
Je vais omettre de te dire
Ce mot que, souvent, tu murmures
Mais que je n’ose pas redire

Dans l’enveloppe bien scellée
Sur le rebord d’un guéridon
Elle sera la lettre oubliée
Au destinataire sans nom

vendredi 21 août 2009

Le Brenoï amoureux


Les chemins d’Orcival mènent jusqu’à ton lit
Que déserte l’ennui, les soirs de mélodies
Quand ton piano joue au milieu de la nuit
Pour ce nouvel amour que ton âme supplie.

Aux abords du Guéry, elle vit dans l’inconnu
D’une chanson qui naît sur tes cordes mouillées
Et Margot, l’infidèle, montrera son sein nu
Sous la note sifflée que caresse l’ondée.

Un vol de milan noir vient troubler les hérons
Dans ce Cheyenne automne tout juste naissant
Quand l’omble chevalier danse aux côtés des joncs
Loin des jeux audacieux des feux de la Saint-Jean.

Dans ta biaude souillée et tes esclops usés
Sous tous les vents de foehn, berger de Chamablanc
Tu repenses, insouciant, aux baisers échangés
Avec une pucelle, Col de la Croix-Morand.

C’est la nature du genre de vouloir tant aimer
A se tordre les mots sur du papier-émeri
Du plus grand cimeterre et sa lame d’acier
Tu crains le bleu final d’un amour interdit.


à l'ami Bergheaud

vendredi 14 août 2009

Ambrosius



Dans tes arènes bleues, sous le soleil levant
Tes doigts bagués de sang ont déchiré cent fois
La robe d’Aurélia.

Regarde l’assiégée, Ménade aux yeux d’Onyx
Princesse évaporée des eaux troubles du Styx
Ta cité du pardon.

Elle embrassa ta bouche et ta peau burinée
Par tous les vents salés d’innombrables combats
La spatha sous le bras.

Par-dessous ton armure, à l’ombre d’un murmure
Elle caressa ton cœur au gré de tes humeurs
Ton glaive au creux des reins.

Errante au Mont Badon, son voile s’émiette
Elle redoute Léthé, tu sais bien qu’il vous guette
Pour un dernier baiser.