jeudi 17 mai 2012

Je n'avais que 17 ans








J’avais tout juste 17 ans
Un corps de rêve, affriolant
Des cheveux longs, plutôt lissés
Et le regard brun pailleté

Toi, tu avais la cinquantaine
Et tu arrivais d’Aquitaine
Marié depuis plus de 20 ans
Et père de quatre beaux enfants

Un voisin bien intentionné
A cru bon de nous présenter
En ce banquet de fiançailles
Qui précède les épousailles
Nous avons parlé de la pluie

Des aléas de nos deux vies

Bercés par quelques musiciens
Ton corps s’est mis contre le mien
Je t’ai pris gentiment la main
Au bout du tout dernier refrain

Puis, t’ai conduit dans une chambre
Où régnait une odeur de camphre
Tu avais toujours ce « leica »
Accroché au dessous du bras

Alors, pour toi, j’ai pris la pose
Esquissant les métamorphoses
Tu as pris quelques beaux clichés
Et nous nous sommes embrassés
Puis, tu es parti sans mot dire
Pour ne plus jamais revenir

Après tant d’années de silence
Le facteur a brisé l’absence
En déposant un pli curieux
Dans ce matin gris et pluvieux

C’était une photo de moi
Que tu aimais beaucoup, je crois
Avec, au dos, écrit en bleu
Des mots lisibles, encore un peu
Ces mots que tu n’as pu me dire
Car j’aurais pu te retenir:
« Nous ne pourrons pas nous aimer
Mais je ne pourrai t’oublier »

Dans le miroir de mon salon
Le temps, soudain, paru abscons;
Mes quelques rides, au bord de yeux
Ont, en mémoire, ce jour heureux

mardi 15 mai 2012

F comme...




Quand je défais ton ceinturon
Je te sens prêt à l’abandon
Ton pantalon sur les genoux
Me laisse entrevoir tes dessous

Alors que tu oublies ton ex
Entre les pouces et mes index
Je descends le bord du tissu
Libérant ton sexe tendu

Si l’érection de ton phallus
A la raideur du cactus
Le gland sorti de son cocon
A la brillance du bourgeon

C’est à ce fruit si défendu
Que je vais ôter la vertu
En le touchant  à ma façon
Sans égard et sans concession

Tes mains posées sur mes cheveux
Choisiront le rythme des Dieux
Pour que tu atteignes le ciel
En t’accrochant au pont de fiel

Et toi, de façon cavalière
Tu choisiras en ce repère
L’instant liquide et impromptu
Du plaisir longtemps retenu

Je recevrai de cette coupe
Sur ma langue mise en soucoupe
Le jus mêlé de raisin blanc
Encore onctueux et brûlant

Dans un soupir de mourant
Tu diras d’un ton larmoyant
Que ma bouche est un précipice
Le sérail de tous les vices

vendredi 11 mai 2012

L'ombre




C’était un soir de solitude
Un soir de lassitude
Où je n’attendais rien…

Rideaux tirés,
Portes fermées,
Je ne voyais plus la lune,
N’entendais plus le murmure du vent
Le chant de la pluie…
Et tu es apparu,
Sorti de nulle part et d’ailleurs à la fois,
Sous la cape du destin et du hasard…

Tu m’as tendu la main,
Et montré le chemin…
Alors, j’ai dessiné sans fin,
Ton grain de peau et ton sourire
Imaginé ta voix,
Retenu ton souffle …

Tu m’appelais « Demoiselle »
Et cela me donnait deux ailes…

À ce festin inattendu ,
Un hôte s’est invité sans mot dire
Il s’appelait…désir…je m’en souviens encore…
Il a possédé mon visage, mon âme
Et puis mon corps tout entier…

Je t’ai aimé si peu de temps…
C’était hier, c’était un soir…
Je ne sais pas…je ne sais plus
Je sais que tu t'es reconnu
Toi, le visiteur des heures tardives...
Et demain, encore, je te chercherai…

lundi 16 avril 2012

Aphrodite et Cupidon

























J’entends battre ton cœur dans le mien, étourdi
Quand tu me fais l’amour au milieu de la nuit;
Je sens, de ton parfum, les notes épicées
Sur le satin brûlant où je suis allongée

Je perçois l’indicible dans chaque souffle court
Quand tu m’entraînes au loin, sur ce vaste parcours;
Je sens courir tes doigts sur mes mains refermées
Qui creusent l’oreiller où gisent mes pensées

Chacun de tes baisers sont de très longs discours
Que je connais si bien car je sais ton amour
Et je sens que tu cognes aux portes de l’Eden
Que je t’ouvre , soumise au destin de l’hymen

Quand il ne reste rien que le bruit du silence
Dont l’écho mélodieux tire sa révérence
Tu t’endors apaisé aux côtés d’Aphrodite
Tandis que Cupidon me couvre de pépites

C’est notre rituel d’éternels amoureux
Quand le sommeil se fait un peu trop capricieux
Et que, dans la pénombre, chacun de mes soupirs
Guide le métronome de tes moindres désirs

jeudi 12 avril 2012

Androgyne

























Aux perles de tes yeux
J’accroche mon regard
Dans la nuit qui se traîne
Dans sa robe d’ébène

Si tu as l’air heureux
Ce n’est pas un hasard
Car ma bouche t’entraîne
Là où ton rêve mène

Tout est si singulier
Dans ta féminité
Et tout est délicat
Dans tes gestes d’orfèvre

Je me mets à rêver
À ton intimité
Qui me donne déjà
L’impression d’une fièvre

Je ne sais si je dois
Quand je parle de toi
Choisir le il ou elle
Car je suis dans le flou

Mais tout ce que je vois
C’est mon désir de toi
Avec ou sans dentelle
Après tout, je m’en fous

Quand ton corps sera nu
Alors, là, je saurai
Et tu n’auras, pour moi,
Plus le moindre secret

Je vais dans l’inconnu
Aux portes d’un palais
Qui m’attire vers toi
Loin des gens indiscrets

...Qui ne comprendraient pas....

vendredi 24 février 2012

Le petit bouton


















Il était une fois, un petit bouton...

C’est un petit bouton
Juste un petit bouton
Accroché sur le front
D’un sourire sans nom
Dont je tais le surnom

C’est un petit bouton
Un tout petit bouton
Parfois long, parfois rond
Caché sous la toison
D’un très curieux chaton

C’est un petit bouton
Un drôle de mousqueton
Qui ne referme rien
Mais ouvre un écrin
Qui cache le divin

C’est un petit bouton
Qui ne se découd pas
Ne se détache pas
Ni ne se déboutonne
Sous la robe des nonnes

C’est un petit bouton
Un tout petit bouton
Ressemblant à un cœur
Blotti au creux des fleurs
Aux multiples senteurs

C’est un petit bouton
Qui pousse en bourgeon
Quand, sorti de la soie,
Il roule entre les doigts
Pour un plaisir sans loi

C’est un petit bouton
Qu’aiment bien les garçons
En âge de raison
Et qui, pour un frisson,
Frôlent la déraison

C’est un petit bouton
Que les hommes, souvent,
Croquent à belles dents
Et qui, après, parfois
S’en mordent aussi les doigts

mercredi 8 février 2012

Ô séant


















Ô séant où des yeux se sont souvent posés
Océan si profond où des hommes ont sombré
Pris dans la longue chute de mes reins cambrés
Je prends bien soin de vous et de votre beauté

Hémisphères parfaites d’un monde secret
Où la lune se montre aux regards indiscrets
Je vous expose, ici, sans le moindre regret
Car, sous mes vêtements, c’est un peu trop discret

Ô fesses plus exquises qu'un fruit défendu
Qui furent observées par-dessous, par-dessus
A votre grand talent, à vos mille vertus
Sachez,"petits bijoux",que j'y ai toujours cru

Afin que j’apprécie d’encore le montrer nu
Et que mes doutes, alors, ne me tourmentent plus
Messieurs, les plus nantis ou dépourvus d’écu,
Redites-moi, encore, que j’ai un "joli cul"