mercredi 27 janvier 2016

Fleur des sables

 
 
Je suis fleur et je resterai
Entre les sables et les marais
Là où ta pluie mouille mon corps
Les cils de mon triangle d'or

Je suis la fleur que tu désires
Jusqu'au nombril où vient mourir
Ta langue qui, souvent, s'affole
Là où se ferme ma corolle

Entre les algues évaporées
Où ton âme s'est enlisée
Je t'effeuille et puis te libère
Dans l'échancrure d'une sphère

Puis, sur les vagues apaisées
Je flotte sous ta voie lactée
Car tu as volé mes embruns
Pour en capturer les parfums

Sous le silence du désert
Dans tes yeux encore entrouverts
Je vois le sommeil qui jaillit
Quand ta fontaine se tarit

Le ciel embrasse l'horizon
Sous l'écho tendre d'un prénom
Que tu murmures et qui se couche
Sur la brillance de ta bouche


Je savoure cet instant de grâce
Quand le repos, enfin, t'enlace
Et moi, je reste en suspension
Sur les larmes de Cupidon

mardi 22 décembre 2015

Vienne

 
 
Au devant des fenêtres, tombent de longs rideaux

Dont le rose pâli et les mailles légères

Laissent passer sans bruit la lueur des saisons

Et donnent l'embellie à mes matins brumeux



Souvent, je m'y enroule, le corps tout dénudé

Pour ressembler aux filles des contes de Perrault

Ces princesses qui dorment dans d'étranges forêts

En attendant un prince si beau et si charmant



Je voudrais mon amour que, dès demain, tu viennes

Me rejoindre à l'hôtel dans cette rue de Vienne

Pour que nous y valsions et, ce, quoi qu'il advienne

Et qu'à jamais, de nous, toujours tu te souviennes



Je n'ai pas oublié les sentiers sinueux

Du jardin du Luxembourg dont les statues riaient

De nous voir dessiner nos rêves sur le vent

Quand nous nous embrassions sous un très vieux tilleul



Je me souviens aussi de la baie de Cabourg

Et de sa lune rousse aux yeux de caramel

Qui étendait, sur nous, son voile d'or et d'argent

Quand nous nous enlacions sur un long banc de bois



Je ne peux oublier cette digue d'Ostende

Quand nous bravions la pluie au ryhtme des marées

Dont l'écho nous rendait insoucients et heureux

D'avoir été, ce jour, un peu plus infidèles


Je voudrais mon amour que, dès demain, tu viennes

Me rejoindre à l'hôtel dans cette rue de Vienne

Pour que nous y valsions et, ce, quoi qu'il advienne

Et qu'à jamais, de nous, toujours tu te souviennes



mercredi 25 mars 2015

J'aurais voulu être un garçon

 
 
 
J'aurais voulu être un garçon
Pour que tu me vois autrement
Quand je t'embrasse sur le front
Avant de partir doucement

J'aurais voulu être un homo
Au torse glabre et sans défaut
Efféminé? Oui mais pas trop !
N'être que vrai et jamais faux

J'aurais voulu être cet autre
Cet autre toi dans le miroir
Dormir serrés l'un contre l'autre
Ne plus se perdre dans le noir

J'aurais voulu être l'amant
La raison de tes rendez-vous
Où tu irais le coeur battant
Pour me parler enfin de "nous"

J'aurais voulu être celui
Qui te fasse oublier l'idiot
Qui, sans crier gare, est parti
Semant, dans ton coeur, le chaos

Mais je ne suis pas un garçon
Juste une fille en long jupon
Aux dessous chics et rubiconds
Ou nuisette rose bonbon

...Si j'avais été un garçon...
Je t'aurais entouré d'amour
En te présentant Cupidon
Sur le long chemin des toujours

mardi 2 décembre 2014

Nos voyages en poésie

 
 
 
 
Sur le long quai des rimes, nous marchions tous les deux

Bousculant les syllabes alignées sur un rang

Où dansaient des voyelles, toutes habillées de bleu

Et des consonnes aux joues plus rouges que le sang


Quelquefois fatigués, nous faisions une pause

Dans un petit bistrot où nous buvions nos vers

En susurrant des mots aux arômes de prose

Dont le sens profond se cachait au revers


Et puis, nous repartions, les pieds bien reposés

En sautant les virgules et les ponctuations

Comme font les enfants dans la cour de récré

Quand l'horloge du temps fait sa dissertation


Enivrés de quatrains et de très beaux tercets

Titubant sous nos plumes, tombées d'un encrier

Nous prenions les chemins qui mènent aux sonnets

Dont la chute, au final, était belle à croquer


Sous les ponts désertés, coulait la poésie

Et nous allions nager en nous tenant la main

Avant de regagner les berges de nos vies

Où poussaient des poèmes pour chaque lendemain

 

mercredi 22 octobre 2014

Targui mystérieux



Sur les dunes brûlantes où tu marches toujours
Emportant, sur tes lèvres, le goût de mon prénom
Entends-tu, à nouveau, l'écho de mon amour
Que le vent te dépose sans demander ton nom?

Targui mystérieux au visage de sable
Je voudrais enlever tes rubans poussièreux
Pour deviner, enfin, ton chant insaisissable
Et voir jaillir l'eau claire à l'orée de tes yeux

Ton désert et le mien n'ont pas la même pluie
Mais il savent combler les mille et une nuits
Où nos rêves humides éveillent nos envies
Quand le grand astre d'or se retire et s'enfuit

Ne te retourne pas, avance droit devant
Va ceuillir, dès demain, le lotus des sables
Afin de le conduire sous le soleil levant
Dans le seul oasis où s'écrivent les fables
 

 

lundi 20 octobre 2014

Je l'ai aimé un jour

 
 
Je l'ai connu un jour
Au détour d'un poème
Qui disait que l'amour
Est enfant de bohème

Je l'ai séduit un soir
Quand ma jupe fendue
Brisa son désespoir
Pour le mener aux nues

Je l'ai croisé souvent
Sur le bord d'une rime
Où la danse du vent
Caresse chaque cime

Je l'ai couché parfois
Sur le lit du désir
Quand le son de ma voix
N'était qu'un long soupir

Je l'ai touché aussi
Comme on touche un amant
Le poussant vers l'oubli
Le corps tout chancelant

Je l'ai aimé d'amour
Sans trop savoir pourquoi
Je l'aimerai toujours
Je le sais, croyez-moi

Je l'ai laissé pourtant
Là-bas, sur l'autre rive
Quand mon coeur chavirant
Partait à la dérive

Je l'ai rejoint enfin
Là, où nul ne sait
Si hier et demain
Se conjuguent à jamais

mercredi 1 octobre 2014

Les amants de la toile

 
 
Les amants de la toile ont cessé de s'aimer

Car leur si grand amour a fini par sombrer

Au revers d'une toile distendue à jamais

Qui n'ouvre plus les portes d'oniriques palais


Il écrivait, pour elle, tous ses plus beaux sonnets

Avouant son amour dans le dernier tercet;

Elle rédigeait, pour lui, à l'encre de la nuit

Des poèmes en vers rimant à l'infini


Des femelles jalouses rêvaient de dévorer

Le fruit de leur passion qu'ils adoraient croquer

Sous les yeux des quidams désireux de savoir

Si ils faisaient l'amour entre les mots du soir


Puis, un jour, il céda aux chants d'une sirène

Et l'épousa, alors, pour en faire sa reine

Mais il revint toujours dans un lieu très discret

Pour écrire à la fleur qu'il aimait en secret


Les amours impossibles s'endorment bien souvent

Sur des lits désertés que transporte le vent

Mais qu'un vol de mouettes ravive au printemps

Car leur coeur bat encore sur la ligne du temps


Les amants de la toile ont-ils vraiment cessé

De s'aimer d'un amour qui ne veut pas sombrer

Au revers d'une étoile disparue à jamais

Mais qui brille chaque fois que la lune renaît