lundi 19 novembre 2012

La bacchante (texte pour adultes)








 
 Je suis à vos genoux
La vierge effarouchée
Qui attend les remous
De votre chevauchée
 
Je suis entre vos cuisses
La belle Messaline
Qui suce au calice
Le jus de l'églantine
 
Je suis nue sur la couche
Le sexe détrempé
Offerte à votre bouche
Et vos rêves osés
 
Je suis la fille de joie
Que vous voulez "baiser"
En arrachant la soie
Pour mieux la consumer
 
Je suis le mot d'amour
Qui trotte dans l'esprit
D'un seul troubadour
 
Qui hante mes récits

mercredi 14 novembre 2012

Aréole

 
 
Cerise sur les dômes
Tétine des plaisirs
L’ardeur de vos arômes
Sait donner à rougir
 
Vous êtes la corolle
Qui s’ouvre et se referme
La fleur et l’auréole
Décorant l’épiderme
 
Quand le froid vous surprend
Vous devenez plus dure
Qu’un caillou sous la dent
Qui craint chaque morsure
 
Vous êtes le rubis
Le fleuron de nos seins
La couronne d’épis
Qui frémit pour un rien
 
Roulée entre les doigts
Vous devenez des perles
De vrais bijoux qu’un roi
Compare à la grêle
 
Cachée sous la dentelle
 
Souvent, on vous épie
Symbole de femelle
Que le mâle grappille
 
Les hommes vous cajolent
Vous titillent, vous sucent
Et tout leur corps s’affole
De la tête au prépuce
 

mardi 30 octobre 2012

Corridor soyeux

 
 
Plus rien ne nous retient sur les voies de l’extase
Ton prépuce lilas s’agrippe entre mes lèvres
Quand nos deux corps mouillés se sentent bien en phase
Et que mes reins se cambrent en cet instant de fièvre
 
Je t’emmène avec moi dans cette cavalcade
Où je t’attire au fond des îles incandescentes
Dans cet endroit secret où j’attends l’estocade
Dont tu me combleras dans une valse lente
 
Je ne pourrai pas voir le plaisir dans tes yeux
Mais je ressentirai ton souffle dans mon cou
Et tes mains s’agrippant à mon bassin soyeux
Jusqu’à ce que, de ton vit, je sente les à coups
 
Libérant ta rivière contre mes chairs vives
Tu gémiras encore tel un loup aux abois
Car je serai pour toi l’indolente captive
Qui t’a ouvert la faille que jalouse la soie
 
Quand enfin rassasiés des plaisirs illicites
Je te dirai les mots que tu voudrais entendre
Je jouirai encore de ton cœur qui palpite
Quand je te confierai le baiser le plus tendre

mardi 16 octobre 2012

Nous nous sommes tant aimés


 
 
Nous nous sommes tant aimés
Jusqu’à la déchirure
Dont nos sens inversés
Furent les points de suture
 
Nous nous sommes tant aimés
Jusqu’aux orgasmes doux
Qui, de ma volupté,
Vous rendaient très jaloux
 
Nous nous sommes tant aimés
À nous tordre les doigts
D’être ainsi séparés
Par des vies de guingois
 
Nous nous sommes tant aimés
Jusqu’au seuil de la haine
Où vos cris d’aliéné
M’entouraient d’une chaîne
 
Nous nous sommes tant aimés
Au point que mes artères
Rendaient dénaturés
Vos rêves délétères
 
Nous nous sommes tant aimés
De la moelle jusqu’au sang
Mais vite déliés
Quand vous fûtes à cran
 
Nous nous sommes tant aimés
D’amour privé de chair
Que nos corps étiolés
Finirent dans l’ impair
 
Nous nous sommes tant aimés
À en crever l’écran
Mais les mots délabrés
Firent, de nous, des mourants
 
Nous nous sommes tant aimés
Je ne vous aime plus
Vos verbes ainsi jetés
Salissent ma vertu

 

 

 

mardi 9 octobre 2012

Sur ma bouche

 
Mets ton doigt sur ma bouche
Car les mots qui sont tus
Donnent à notre couche
Mille et une vertus

Mets ton doigt sur ma bouche
Car tous les mots non dits
Me rendent plus farouche
Devant nos interdits

Mets ton doigt sur ma bouche
Car un seul mot qui meurt
Est un son qui fait mouche
Quand le désir demeure

Mets ton doigt sur ma bouche
Car les mots qui me viennent
Sont ,de l’arbre, la souche
Des rêves qui reviennent

Mets ton doigt sur ma bouche
Car les mots dilués
Sont comme l’oiseau mouche
Au chant acidulé

Mets ton doigt sur ma bouche
Et surtout ne dis rien
Car je veux, de ta bouche,
Des baisers diluviens

jeudi 4 octobre 2012

Allô, chéri, c'est moi...



 
 Je fais ton numéro
Le téléphone sonne
Un compteur à zéro
Et mon être frissonne
 
Après trois sonneries
J’entends ton répondeur
Alors, je sens l’envie
De t’ouvrir mon cœur
 
Mais je ne parle pas
Et déjà , je raccroche
Je ne veux surtout pas
Qu’à nouveau, tu t’accroches
 
Car tu es loin de moi
Et toujours occupé
Mais je sais ton émoi
Quand tu songes au passé
 
Ce passé si lointain
Et pourtant bien vivant
Quand, la main dans la main,
Nous allions de l’avant
 
J’effleure doucement
La touche de rappel
Et ce geste innocent
Se veut circonstanciel
 
Tu vois, je réfléchis
Oui, je sais c’est idiot
De m’interdire ainsi,
De te laisser mes mots
 
Alors, je te rappelle
Mais tu ne réponds pas
Sans doute es-tu près d’elle
Alors, tu n’oses pas
 
C’est au signal sonore
Que je pourrai parler
Et tant pis si j’ai tort
De vouloir de troubler
 
J’hésite encore un peu
Et puis, je me confie
L’instant est si soyeux
J’ai l’accent qui scintille
 
« Allo, chéri, c’est moi
Rappelle-moi
Je t’aime »

mardi 11 septembre 2012

Amour texto

 
 
Mon portable frétille au fond de mon manteau
Sous l’accent inaudible et secret de tes maux
Son écran illumine le creux de mon paletot
Et je meurs d’impatience d’y retrouver tes mots
 
Je plonge enfin la main dans une de mes poches
Pour sentir ta présence et ton désir tout proche;
En vibrant sous mes doigts, il attise l’envie
D’être plus près de toi sur ma ligne de vie
 
Ce n’est pas un message que l’on dirait vocal
Mais un petit texto loin d’être très banal
J’en aime chaque lettre écrite en majuscule
Et tes fautes d’accord après les points-virgules
 
L’espace était trop court à la fin du message
Pour y mettre un aveu qui se fraie un passage
Tu me dis que tu m’aimes mais le e s’est perdu
Dans les profonds méandres d’un serveur inconnu
 
Les passants de la rue me regardent en riant
Et se disent tout bas que je lis mon amant
Mais je ne te connais ni d’Eve ni d’Adam
Et pourtant je sais tout de tes rêves brûlants
 
Je t’ai croisé un soir, c’était sur un clavier
Entre nous deux ce fut un peu particulier
Un amour amitié, un mystère envoûtant
Un lien inaltérable et toujours grandissant
 
Entre pouce et index, mon petit téléphone
A cessé de trembler et moi je suis aphone
Je voudrais t’appeler mais tant pis, je t’écris
Pour te dire que ce soir, je serai à Paris
 
Plus de temps pour l’amour, je n’ai plus de batterie
Voilà que tout s’éteint et je suis en furie
C’est cruel ces choses qu’on adore pourtant
Et qui font que, parfois, on a le cœur battant

jeudi 23 août 2012

Baiser d'automne

 
 
Voici enfin l’automne du premier baiser
Sous les arbres qui plient quand le vent hurle fort
Pour annoncer la pluie qui voudrait arroser
Le cortège d’été pris à son triste sort
 
Sous l’érable, où s’endort le bel écureuil,
Je t’attends, appuyée sur ce tronc dénudé
Ecoutant la chanson d’un bien triste bouvreuil
Et le doux requiem du merle fatigué
 
Je revois le printemps de nos rouges désirs
Qui empourprent les feuilles qui vont tapisser
Le sol chaud et mouillé où nos premiers soupirs,
Sur la mousse verdie, viendront s’abandonner
 
Mes joues entre tes mains, j’oublierai la saison
Savourant sur tes lèvres l’amour à contre-jour
Bercés par les sanglots tomber d’un violon
Abandonné naguère par un beau troubadour

mardi 21 août 2012

Si loin de vous, je tangue




Mes yeux sont des rivières inconsolables
Et mon âme ressemble aux torrents de sanglots
Quand mon être vacille sur l’horizon instable
Lacéré jusqu’à l’os par la lance des mots


Nous n’irons plus ensemble boire au même calice
Cette coupe d’or fin où nous posions nos lèvres
Pour y goûter le vin d’indicibles caprices
Loin d’un monde aux jouissances mièvres


Le livre est refermé sur des pages froissées
Où ma plume a vidé bien plus d’un encrier
Quand je touchais la vôtre en état d’hyménée
Mais, ce soir, nos verbes vont se désaccorder


C’est ainsi que finissent au jardin des ténèbres
Les plus belles histoires et les roses trémières
Quand la muse devient une valse funèbre
Que le poète danse, froid tel un cimetière


Le flacon de l’opium, au sol, vient se briser
La veine inspiratrice est à présent exsangue
Et l’aorte palpite avant de s’essouffler

lundi 20 août 2012

Le bruit de vos silences





Je déteste le bruit de vos si longs silences
Quand il frappent à la porte de ma solitude
Où la branche feuillue de toutes vos absences
Fait de l’ombre à mes heures de soudaine quiétude

J‘adorais l’herbe folle inondée de semence
Cette eau de jouissance que vous laissiez, hier
Sur les chardons piquants et les fleurs de jouvence
Où j’allais me vautrer loin du froid de l’hiver

Je déteste l’écart qui se creuse entre nous
Vos départs sans retours et les heures muettes
Où les secondes cognent et sèment tant de flou
Sur le doux avenir de nos plumes coquettes

J’aimais, de vous, les cris et les pleurs d’abandon
Quand vous m’imaginiez dans les bras d’un amant
Ce bellâtre créé dans la folle obsession
Que vous aviez pour moi mais, morte, maintenant

Reviendrez-vous encore au balcon des amours
Où je reste appuyée impatiente et frivole
M’amusant çà et là auprès de troubadours
Qui m’inventent des rimes en forme de lucioles

Je griffe chaque page restée vierge de vous
Et gaspille mon encre en de futiles verbiages
En attendant encore un précieux rendez-vous
Où nous oublierons, à jamais, d’être sages

lundi 13 août 2012

L'indigo de mes larmes



Quand j’étais loin de lui, il sombrait dans le vice
Et fréquentait les filles de petite vertu
Puis s’enivrait, sans fin, en buvant aux calices
Qu’offraient ces filles de joie en plus de leur corps nu
 
Il inventait, pour nous, des alcôves secrètes
Où nous faisions l’amour en rimes dissolues
Et je me faisais belle des pieds jusqu’à la tête
Mais au dernier quatrain, je me retrouvais nue
 
À la fin de ses lettres, il écrivait toujours
"Je vous aime" et, dessous, il déposait son nom
Moi, je me laissais prendre au piège de l’amour
Ne redoutant l’épée d’un futur abandon
 
En perdant tous mes dés à ce jeu de hasard
J’ai jeté le parfum qu’il aimait renifler
Car mon cœur et mes yeux sont gorgés d’un brouillard
Qu’une vapeur d’opium ne pourrait dissiper
 
Une histoire prend fin, une autre prend sa place
Et demain, je n’aurai plus le droit au chapitre
En comprenant, alors, que c’était une farce
J’écrirai un grand vide en guise de  sous-titre

 
 
 
 

 

mercredi 8 août 2012

Proposition indécente (texte pour adultes)


Au feu de vos enfers, je ferai outrage
Si vous léchez mes seins de votre langue bleue
Arrachant sans égard, les fils d’un corsage
Où se tient camouflée l’envie de votre queue

Puis, de votre mucus, je ferai ma blessure
Celle où saigne les mots qui n’ont pour seule issue
Que cette lèvre humide qui s’ouvre et se fissure
Sous la seule idée close de votre joie repue

Retournons à l‘abri, nous caresser l’intime
Cet antre familier bouillonnant d’indécence
Puis suspendons nos corps aux cordes du sublime
Et couchons nos salives en cette quintessence

Coulez jusqu’à ma gorge votre or licencieux
Que je boive votre âme en lapant tout excès
Quand votre berlingot, devenu belliqueux
Vous libère d’emblée en ce précieux accès

Je vous promets alors de conserver l’offrande
L’hostie plutôt aqueuse offerte sans prière
A ma bouche femelle peut-être trop gourmande
Qui implore, au plaisir, toute ses joies altières

Je me ferai goulue et jamais rassasiée
De cette jouissance exquise en votre corps
Quand devenue, pour vous, citadelle assiégée
Les yeux levés au ciel, vous supplierez encore

lundi 6 août 2012

Sous l'olivier






Les oliviers pleuraient des larmes de soleil
Sous un pan de ciel bleu qui servait de mouchoir
Au nuage jaloux de n’être point pareil
À ce grand anneau d’or brûlant mon entonnoir

Ce nombril d’un monde où la glace et le feu
Se lovent dans mon ventre, autrefois si frileux
Me rendant infidèle à tous mes rêves pieux
Quand je repense à vous me dévorant des yeux

La cigale rieuse camouflée dans les pins
Se frottait les deux ailes sur une écorce chaude
En voyant, sur mon corps, le plaisir diluvien
S’écouler tel un voile aux reflets d’émeraude

Alors, tous mes regards se posaient sur les vignes
Où des grappes précoces suspendues aux sarments
Me laissaient entrevoir déjà les premiers signes
Des vendanges d’amour dont je vous fais serment

Vigneron trublion, j’ai tant rêvé de vous
Durant ces heures tranquilles, allongée sur le sol
Au milieu des lavandes parfumant mes genoux
Quand le soleil gavait le précieux tournesol

J’imaginais nos corps légèrement vêtus
Découvrir peu à peu tous les divins plaisirs
Et je voulais, de vous, les vices et les vertus
En buvant, au goulot, le flot des élixirs

Je m’endormais repue d’images érotiques
Et me réveillais saoule de m’être abandonnée
À vos caresses d’ange aux pouvoirs oniriques
Et le temps s’envolait en jupe retroussée

jeudi 2 août 2012

Entre mes seins






Il m’embrassait entre les seins
Chaque fois qu’il me retrouvait
Dans l’antichambre du destin
Et qu’au désir, je succombais

Alors qu’il tentait de sucer
Mes mamelons déjà durcis
J’essayais de ne plus penser
Que mon cœur était déjà pris

Après avoir fermé les yeux
De ses lèvres si veloutées
Il convoitait, mon amoureux
L’antre des sources plus sacrées

Il savait goûter à l’intime
À mes fontaines jaillissantes
Et rendait l’instant plus sublime
Sur ma peau devenue brûlante

Dans ses cheveux couleur d’ébène
J’aimais enfouir mes dix doigts
Avant que l’orgasme ne vienne
Pour nous surprendre dans l’émoi

Et quand je pleurais en silence
De ne pouvoir m’abandonner
À tous ses rêves d’indécence
Auxquels il voulait m’initier
…Alors…
…il m’embrassait entre les seins…

mardi 24 juillet 2012

L'amour en rimes



Nous avons fait l’amour en rimes éclipsées
Par une nuit sans lune en tenue d’apparat
Quand les étoiles saoules se sont évaporées
Bouillonnantes et gavées de nos désirs grenats

Le lit de poésie aux soieries érotiques
A reçu, de nos vers, les éclats libertins
Quand nos voyelles nues en dessous séraphiques
Se mêlaient aux consonnes aux jambes de catin

L’horloge refoulant les heures à contre sens
A plongé ses aiguilles dans une léthargie
Pour nous laisser le temps de libérer nos sens
Sur les secondes bleues baignant nos harmonies

Et j’ai joui de vous jusqu’à cette échancrure
Qui reçoit vos blessures et le sang retenu
Quand l’aorte orpheline de la moindre suture
Explose en brasier dans les mots qui sont tus

Poète, vous qui aimez, de la virginité,
L’hymen distendu de ma plume coquine
Offrez-moi sans attendre, votre babil trempé
Par l’encrier brumeux de la muse câline

 

 

jeudi 5 juillet 2012

La voleuse d'âme



Dans la nuit silencieuse
Où j’entends chuchoter
Le plancher des maisons
Et les vieux escaliers
Je viendrai revêtue
De douce crinoline
Et marcherai pieds nus
Sur l’air des mandolines


Je tournerai la clé
De cette chambre close
Et poserai mon corps
Sur le tien qui m’attend
En retenant mon souffle
Pour ne pas t’éveiller
Et te priver d’un rêve
Que tu pourrais toucher
 
Comme une musicienne
La harpe entre les cuisses
Je toucherai les cordes
Les plus délicates
Des symphonies d’Eden
Où les anges grignotent
Tous les fruits défendus
À l’ombre des cyprès
 
Quelques minutes bleues
Et quand la note blanche
Jaillira de l’archet
Sorti de son écrin
Enfin, à cet instant
Je volerai ton âme
Pour m’en faire un breuvage
Au ton plutôt laiteux

lundi 25 juin 2012

Humide indécence (réservé à un public adulte)



Au feu de vos enfers, je ferai outrage
Si vous léchez mes seins de votre langue bleue
Arrachant sans égard, les fils d’un corsage
Où se tient camouflée l’envie de votre queue

Puis, de votre mucus, je ferai ma blessure
Celle où saigne les mots qui n’ont pour seule issue
Que cette lèvre humide qui s’ouvre et se fissure
Sous l'unique idée close de votre joie repue

Retournons à l‘abri, nous caresser l’intime
Cet antre familier bouillonnant d’indécence
Puis suspendons nos corps aux cordes du sublime
Et couchons nos salives en cette quintessence

Coulez jusqu’à ma gorge votre or licencieux
Que je boive votre âme en lapant tout excès
Quand votre berlingot, devenu belliqueux
Vous libère d’emblée en ce précieux accès

Je vous promets, alors, de conserver l’offrande
L’hostie plutôt aqueuse offerte sans prière
A ma bouche femelle peut-être trop gourmande
Qui implore, au plaisir, toutes ses joies altières

Je me ferai goulue et jamais rassasiée
De cette jouissance exquise en votre corps
Quand devenue, pour vous, citadelle assiégée
Les yeux levés au ciel, vous supplierez encore

mercredi 20 juin 2012

Millésime





Du coin de votre bouche où chaque mot s’abîme
S’écoule, sur mes seins, votre doux millésime
Quand, vos lèvres posées sur mes galbes dorés,
Se dirigent en douceur vers des fruits plus rosés

Et vos mains audacieuses qui pétrissent mon ventre
Là, où tout mon désir s’agite et se décentre
Se frayent un chemin vers ma grappe d’amour
Pour y trouver le grain plus ferme en ses contours

Afin qu’il en devienne plus mûr et plus juteux,
Vous le faites rouler entre vos doigts râpeux
Car vos rêves secrets sont issus du grand cru
De notre volupté où tout n’est que vertu

Je vous invite ,alors, à des vendanges folles
Où vous venez , gavé de mes deux aréoles
Mais rien ne vous retient et vous sucez encore
Cette pelure intime que vous offre mon corps

mercredi 23 mai 2012

Intimité


Ta langue, entre mes cuisses, rend mon intimité
Liquide en ce calice où tu viens t'abreuver
Quand la lune nous offre un peu de son quartier
Où nous trouvons refuge, dévêtus à moitié

Tes paumes sur mes seins font de mes aréoles
Des roses chiffonnées dont le bouton grenu
S'ouvre au soleil grimé en des lieux impromptus
Dans la nuit où je t'offre mes plus belles corolles

Je ferme un peu les yeux et je vois ton désir
Tendu entre tes mains et la peau distendue
Quand ton envie d'aimer reste, au temps, suspendue
Et que je m'aventure en robe de plaisir

Tu te caresses, alors, sous le silence hagard
Qui tourne autour de toi simulant mon absence
Et quand tu sens venir, en toi, la quintessence
Je pose un dernier mot sur le fil du hasard

Une voyelle errante entourée de mystère
Capture enfin ton souffle, si longtemps retenu
Et soulève sa robe dévoilant mon corps nu
Où vole ta semence aux pieds des primevères

jeudi 17 mai 2012

Je n'avais que 17 ans








J’avais tout juste 17 ans
Un corps de rêve, affriolant
Des cheveux longs, plutôt lissés
Et le regard brun pailleté

Toi, tu avais la cinquantaine
Et tu arrivais d’Aquitaine
Marié depuis plus de 20 ans
Et père de quatre beaux enfants

Un voisin bien intentionné
A cru bon de nous présenter
En ce banquet de fiançailles
Qui précède les épousailles
Nous avons parlé de la pluie

Des aléas de nos deux vies

Bercés par quelques musiciens
Ton corps s’est mis contre le mien
Je t’ai pris gentiment la main
Au bout du tout dernier refrain

Puis, t’ai conduit dans une chambre
Où régnait une odeur de camphre
Tu avais toujours ce « leica »
Accroché au dessous du bras

Alors, pour toi, j’ai pris la pose
Esquissant les métamorphoses
Tu as pris quelques beaux clichés
Et nous nous sommes embrassés
Puis, tu es parti sans mot dire
Pour ne plus jamais revenir

Après tant d’années de silence
Le facteur a brisé l’absence
En déposant un pli curieux
Dans ce matin gris et pluvieux

C’était une photo de moi
Que tu aimais beaucoup, je crois
Avec, au dos, écrit en bleu
Des mots lisibles, encore un peu
Ces mots que tu n’as pu me dire
Car j’aurais pu te retenir:
« Nous ne pourrons pas nous aimer
Mais je ne pourrai t’oublier »

Dans le miroir de mon salon
Le temps, soudain, paru abscons;
Mes quelques rides, au bord de yeux
Ont, en mémoire, ce jour heureux